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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 15:42

Le 21 mars 2017

 

L'installation de nouveaux bancs dans le métro par la RATP fait polémique. Inclinés et rapprochés, ils sont accusés d'être des dispositifs "anti-SDF". La RATP s'en défend.

 

Une dizaine de blocs inclinés de couleur bleue ont fait leur apparition station Stalingrad. Depuis quelques jours, ce nouveau mobilier qui doit servir de banc a été installé par la RATP sur les murets de faïence, le long des murs de la station de la ligne 5.

 

S'ils promettent d'abord une assise peu confortable, des utilisateurs du métro se sont aussi interrogés de leur fonction sur les réseaux sociaux. Inclinés et rapprochés, certains soupçonnent le nouveau dispositif d'avoir été installé pour empêcher les personnes sans abri de s'allonger, comme l'a repéré Libération.

 

L'installation de nouveaux bancs dans le métro par la RATP fait polémique. Inclinés et rapprochés, ils sont accusés d'être des dispositifs "anti-SDF". La RATP s'en défend.

 

Une dizaine de blocs inclinés de couleur bleue ont fait leur apparition station Stalingrad. Depuis quelques jours, ce nouveau mobilier qui doit servir de banc a été installé par la RATP sur les murets de faïence, le long des murs de la station de la ligne 5.

 

S'ils promettent d'abord une assise peu confortable, des utilisateurs du métro se sont aussi interrogés de leur fonction sur les réseaux sociaux. Inclinés et rapprochés, certains soupçonnent le nouveau dispositif d'avoir été installé pour empêcher les personnes sans abri de s'allonger, comme l'a repéré Libération.

 

Le groupe ne fait pas de lien entre l'installation de ces bancs et les SDF mais précise toutefois que la RATP doit gérer à Stalingrad "un phénomène inquiétant de présence en continu de personnes sans domicile fixe (...) et de toxicomanes". Une présence qui occasionneraient "un certain nombre de conflits avec les voyageurs et les agents RATP".

 

Interrogé anonymement par 20minutes, un agent RATP de Staligrad estime que ce dispositif "n'est pas contre les SDF" mais "surtout anti-toxicos". "Les sans-abri sont peu nombreux ici. Par contre, les toxicomanes se posent depuis longtemps sur ce quai", ajoute-t-il.

 

L'installation dans le métro "entraîne une désocialisation"

 

La RATP précise de son côté que s'agissant des personnes sans domicile fixe, une équipe dédiée de 90 agents existe pour prendre en charge les SDF qui s'abritent dans le métro.

"Le métro ne peut avoir vocation à devenir un lieu de vie et d'accueil des personnes sans domicile fixe" poursuit la RATP ajoutant qu'"il est démontré par les équipes de terrain que l'installation prolongée dans le métro entraîne une désocialisation rapide et un risque accru d'accident pour la personne concernée".

 

Depuis plusieurs années le mobilier urbain empêchant l'installation des sans abri s'est multiplié dans les villes et les infrastructures publiques. C'est le cas des gares ou même de certains parcs publics où des bancs sont séparés par des accoudoirs.


Source :
http://www.bfmtv.com/societe/des-bancs-anti-sdf-station-stalingrad-a-paris-1126393.html

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Publié par Droit Au Logement - Bordeaux - dans Divers Faits
16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 08:21

Depuis Bastamag le 6 mai 2015

 

En deux ans, le Collectif des SDF de Lille a relogé 157 sans-abris. Sans subvention ni local, cette association fondée par trois ex-SDF cherche des propriétaires qui acceptent de louer leur appartement à des sans-abris, pour aider les exclus parmi les exclus à reprendre pied. Et faire en sorte, qu’à leur tour, ils puissent aider d’autres à s’en sortir.

 

« En fait, il faut savoir enfoncer des portes. J’ai su le faire pour moi, alors pourquoi ne pas le faire pour les autres ? » Gilbert Pinteau a connu la rue à deux reprises. Ces dix années sans domicile fixe lui ont laissé le temps de saisir toutes les limites des structures traditionnelles d’accueil : manque de places dans les centres d’hébergement, entrée interdite aux animaux, liste d’attente longue comme le bras pour prétendre à un logement social…

 

Après avoir claqué la porte d’un centre d’hébergement en 2011, il décide de s’en sortir seul avec ses faibles moyens (RSA et allocation adulte handicapé) en réussissant à convaincre un propriétaire de lui louer son appartement. Il a pour cela fait valoir son accès au Fonds de solidarité pour le logement (FSL), qui apporte une garantie au propriétaire sur le versement des loyers.

 

« Logée, la personne pourra affronter ses autres problèmes »

 

A peine sorti de la rue, il a fondé, avec deux autres ex-sans-abris, le Collectif des SDF de Lille. Objectif : appliquer à d’autres la recette qui a fonctionné pour lui. C’est à dire, dans l’ordre : faire valoir leurs droits, trouver un propriétaire qui joue le jeu, puis, une fois la personne installée dans son appartement, faire la demande d’un logement social. « Le passage par le parc privé est une passerelle vers le parc social », explique-t-il, en rappelant qu’à Lille, le temps d’attente avant d’obtenir un logement social est, en moyenne, de 13 mois.

 

Lire la suite :
http://www.bastamag.net/A-Lille-les-ex-SDF-relogent-les-SDF

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Publié par Droit Au Logement - Bordeaux - dans Solidarité Divers Faits Infos Nationales
19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 18:03

Depuis BastaMag le 5 mars 2015

L’Allemagne compte dix fois plus de nouveaux pauvres que la France

La Commission s’était engagée à faire sortir de la pauvreté 20 millions d’Européens d’ici 2020. Tel était l’une des ambitions sociales de sa stratégie « pour une croissance intelligente, durable et inclusive » définie en 2010. Concrètement, le nombre de personnes pauvres ou en situation d’exclusion sociale devait passer sous la barre des 100 millions en 2020. Cinq ans plus tard, à mi-parcours, on en est très loin ! Plus de 120 millions de personnes sont toujours considérées comme pauvres au sein des 28 États membres. Ce tableau de la pauvreté révèle quelques surprises [1].

« Étonnamment, l’incapacité de l’UE à respecter l’objectif fixé par l’initiative Europe 2020 sera principalement le fait des pays de l’UE-15, soit pour l’essentiel des pays dit « avancés » au regard de leur développement économique », pointe Sandrine Levasseur, économiste de l’OFCE (lire son analyse).

Si la pauvreté recule en Europe de l’Est, principalement en Pologne, elle grimpe à l’Ouest. C’est là que se trouvent les nouveaux pauvres : 8,5 millions de personnes supplémentaires ont sombré dans la précarité, d’abord en Grèce, mais surtout en Italie, en Espagne et… en Allemagne, où, depuis 2005, le nombre de personnes devenues pauvres est dix fois plus importants qu’en France !

Qui est pauvre en Europe ?

Qui est « pauvre » au sens de l’Union européenne ? Il y a d’abord les ménages sous « le seuil de risque de pauvreté », fixé à 60% du revenu médian. En France, une personne gagnant moins de 12 569 euros par an – 1047 euros par mois – sera considérée comme menacée de pauvreté. À l’autre extrémité de l’Europe, un Roumain gagnant moins de 1242 euros par an – 103 euros par mois – entrera dans cette catégorie. C’est dire l’ampleur des disparités qui séparent encore les nouveaux États adhérents des pays fondateurs de l’Union.

Il y a ensuite les personnes « en privation matérielle sévère », celles « dont les conditions de vie sont contraintes par un manque de ressources et font face à au moins quatre privations matérielles », explique Sandrine Levasseur. Ces privations vont de l’incapacité à payer son loyer, ses factures d’eau ou d’énergie, à l’impossibilité de manger chaque jour des protéines en quantité suffisante, de s’offrir une semaine de vacances hors de son domicile, d’acquérir une voiture ou un téléphone.

Enfin, sont aussi comptées les personnes au chômage ou ne travaillant que très partiellement (un cinquième de temps plein). Un Européen sur quatre entre dans au moins une de ces trois catégories. Comme il y a cinq ans.

Italie, Espagne et Allemagne, champions en nombre de nouveaux pauvres

Pourquoi un tel échec ? Un taux de croissance correct – 3,2% entre 2004 et 2013 – favorise encore un relatif progrès social en Europe de l’Est. Cette croissance s’est effondrée en Europe de l’Ouest. Surtout, les « consolidations budgétaires » – comprenez les politiques de rigueur ou d’austérité – ont affaibli les mécanismes de redistribution des richesses et accru les inégalités. Si la Bulgarie et la Roumanie sont les pays qui comptent proportionnellement le plus de pauvres, la Grèce, symbole de la brutalité de ces « consolidations budgétaires », figure désormais en 3ème position, avec plus de 35% de sa population en situation de pauvreté (contre 20% en Allemagne et 17% en France).

C’est en Italie, en Espagne, en Allemagne et au Royaume-Uni que la pauvreté a le plus augmenté entre 2005 et 2013. 2,7 millions d’Italiens sont ainsi passés sous le « seuil à risque ». Plus d’un million d’Allemands et de Britanniques. Dix fois plus qu’en France, où 102 000 personnes sont devenues pauvres en huit ans. L’austérité budgétaire imposée par Angela Merkel, au pouvoir depuis 2005, ne fait pas des malheureux que dans le Sud de l’Europe. En Allemagne, les femmes sont particulièrement touchées par la précarité suite aux réformes « assouplissant » le marché du travail au nom de la compétitivité (lire notre article). Seules la Belgique, la Finlande et les Pays-Bas sont arrivés, à l’Ouest, à faire reculer la pauvreté. Pour l’instant.

- Lire aussi : Pauvreté et exclusion sociale en Europe : où en est-on ?, sur le site de l’OFCE

***
Notes

[1] Toutes les données chiffrées sont issues d’Eurostats, certains calculs ont été réalisés par l’économiste Sandrine Levasseur.

Source :
http://www.bastamag.net/L-Allemagne-compte-dix-fois-plus-de-nouveaux-pauvres-que-la-France

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Publié par Droit Au Logement - Bordeaux - dans Divers Faits
19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 17:58

Le 24 février 2015

Avec 11 millions de logements vacants, il y aurait largement de quoi loger l'ensemble des 4,1 millions de sans-abris d'Europe, selon des données rassemblées par The Guardian.

L'Union européenne estime à 4,1 millions le nombre de sans-abris en Europe. Mais la faute n'incombe pas au manque de logements : plus de 11 millions seraient vides sur notre continent, estime The Guardian dans un article publié dimanche soir. Soit près de trois fois le nombre de SDF.

L'Espagne (3,4 millions de logements vacants), la France (2,4 millions), l'Italie (entre 2 et 2,7 millions), l'Allemagne (1,8 million), le Royaume-Uni (700 000), le Portugal (735 000)... Aucun pays n'est épargné pas ces "logements fantômes".

Nombre de ces habitations vides ont été achetées par des gens qui n'ont jamais vraiment eu l'intention d'y vivre, note le quotidien.  

Les militants pour le droit au logement s'indignent de ces "incroyables chiffres" et dénoncent "un gaspillage choquant". "Les maisons sont faites pour que les gens y vivent. Si elles ne sont pas occupées c'est que le marché du logement est dans l'erreur", indique notamment au quotidien britannique David Ireland, directeur de l'association Empty Homes.

Source :
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/il-y-a-presque-trois-fois-plus-de-logements-vides-que-de-sdf-en-europe_1494601.html

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Publié par Droit Au Logement - Bordeaux - dans Divers Faits
1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 12:44
Rochefort (17) - Depuis quatre mois, Micheline vit dans un garage sans eau ni électricité.

Rochefort (17) - Depuis quatre mois, Micheline vit dans un garage sans eau ni électricité.

Le 28 janvier 2015

Micheline, 58 ans, ancienne conductrice de bus tombée dans la précarité depuis plusieurs années, doit quitter le garage qu’elle loue à la fin du mois de mars.

Il y a quatre mois, des voisins s'étaient étonnés de la voir s'installer là, dans ce vieux garage du quartier Champlain.

Depuis le mois d'octobre, Micheline, 58 ans, survit dans 10 mètres carrés, sans eau ni électricité, à l'abri des regards. L'image de ce misérable capharnaüm est glaçante.

On pense naufrage plutôt que refuge.

Micheline y a entassé ses affaires personnelles, un canapé, un matelas, des couvertures, des sacs d'habits, des photos de familles rangées dans une boîte à chaussures. Il n'y a pas de quoi se doucher, aller aux toilettes ou se faire simplement chauffer un café.

Depuis quatre mois, Micheline est une sans domicile fixe qui loue un garage pour 60 euros. Un garage qu'elle devra quitter d'ici la fin du mois de mars.

" C'est la première fois que je me retrouve dans une situation extrême. Sans avenir. "

Jusqu'à présent, elle avait toujours su rebondir. « Mais c'est la première fois que je me retrouve dans une situation extrême. Sans avenir. Aujourd'hui, je suis presque au fond du trou. Ma vie est une merde et je suis une emmerdeuse. Je ne sers plus à rien », résume-t-elle, en se cachant les yeux.

Divorcée, mère d'un fils de 34 ans qui ne se soucie plus depuis longtemps de ce que devient sa mère, Micheline est une femme à la dérive, en colère et lucide.

On ne saura rien d'autre de sa vie personnelle, pourquoi elle a sombré dans l'alcoolisme, comment elle a atterri à Rochefort il y a une quinzaine d'années.

Pendant plus de vingt ans, Micheline, originaire d'Orléans, a travaillé normalement, menant une vie ordinaire. Conductrice de bus pendant treize ans et ensuite de poids lourd pendant sept ans.

Puis sa vie a basculé.

Main tendue

Depuis trois ans, elle louait un petit appartement en centre-ville. Mauvaises fréquentations, difficultés pour payer le loyer… son propriétaire a fini par mettre un terme au bail au mois d'octobre dernier.

Depuis c'est la dégringolade, une vie de pauvreté extrême, sans chaleur humaine. Les services sociaux de la Ville lui ont tendu la main à plusieurs reprises.

Récemment, Micheline a encore refusé de partager un appartement avec une jeune fille de 22 ans que lui proposait l'association Altéa-Cabestan. « Nos deux vies étaient incompatibles. Est-ce que vous pouvez vous mettre à ma place, vous qui avez un boulot et un toit ? » lance-t-elle à ses interlocuteurs pour les mettre mal à l'aise.

Micheline a eu envie de témoigner pour tous les exclus

Il y a de la rage derrière la provocation. Ses mots tremblent mais elle ne craque pas.

Dans un dernier sursaut, Micheline a eu envie de témoigner pour tous les exclus qui vivent comme elle dans une voiture ou dans la rue mais aussi pour crier sa colère à la figure de la société.

Quand elle n'est pas dans son garage, Micheline fait parfois la manche sur un parking et se débrouille comme elle peut pour trouver une douche.

Ses voisins, qui s'étaient émus de sa présence dès le début, l'ont visiblement vite oubliée.

Source :
http://www.sudouest.fr/2015/02/28/elle-vit-dans-un-garage-depuis-quatre-mois-1843707-1504.php

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Publié par Droit Au Logement - Bordeaux - dans Divers Faits
21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 14:26
Les portes d'une clinique parisienne murées pour loyers impayés

Transmis par la Fédération D.A.L le 16 février 2015

La police est intervenue lundi au petit jour pour condamner les accès d'une clinique du nord parisien dans le cadre d'une procédure d'expulsion pour cause de loyers impayés, a-t-on appris de sources concordantes.

Quand une partie des 80 employés de la petite clinique Paris Montmartre a voulu prendre son service lundi matin, elle est tombée sur des huissiers et policiers "en train de murer les portes" de l'établissement, consacré essentiellement à des activités ophtalmologiques et de chirurgie orthopédique, viscérale et cardiaque.

"Ils ont emmuré des portes de bureaux, arraché des portes de blocs opératoires, démonté les systèmes d'aération", alors que "deux patients étaient encore présents", a décrit à l'AFP Pierre Fabreguettes, qui a racheté la clinique en janvier 2015. Trois patients avaient été transportés le matin dans d'autres établissements, selon lui.

Selon une source policière, "il s'agissait d'une expulsion qui s'est déroulée au petit matin. Il y avait deux patients à ce moment-là et ils ont été transférés".

Sollicitée par l'AFP, l'agence régionale de Santé indique avoir été informée de la procédure d'expulsion pour cause de loyers impayés faite par la préfecture, mais pas de la date. Compte tenu de la faible activité de la structure et de l'offre par ailleurs présente sur cette zone, sa fermeture "ne prête pas à conséquence pour la bonne prise en charge de la population", précise-t-on à l'ARS.

Mais pour son propriétaire, la démarche est "insensée". "On n'a jamais vu un préfet vider une clinique, surtout quand on a déjà payé 85% des arriérés", s'insurge-t-il. Sur les 580.000 euros de loyers impayés, "il restait moins de 100.000 euros à verser", assure-t-il.

La justice avait ordonné à l'automne l'expulsion, mais "on demandait un délai pour sursoir l'exécution, et l'affaire devait être plaidée en décembre, raconte-t-il. "Certes ce n'était pas suspensif", mais la police est intervenue ce matin "sans qu'on soit prévenus", dénonce-t-il.

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Publié par Droit Au Logement - Bordeaux - dans Divers Faits
19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 10:46
RSA - Coucher ou pas coucher ?

Transmis par Sandra le 30 décembre 2014

Une fois de plus, je suis enchantée de constater que nous vivons dans la république de la fraternité. Je rencontre ce matin un jeune homme traumatisé par la CAF, un de plus. Il m'explique que ce bel organisme du social cherchait à savoir s'il vivait en couple ou pas. Et oui parce que pour toucher le RSA taux plein, 430 €, il faut être pauvre et ... célibataire. Le traumatisé m'explique comment la CAF un jour, lui a rendu une petite visite de courtoisie. On pourrait s'attendre à une visite de soutien moral, logique, on est sous régime socialiste...

« Bonjour, c'est la Caf, on vient vous souhaiter la bienvenue dans la misère sociale. On vient s'assurer qu'avec 430 € par mois vous arrivez à surnager dans la jungle libéralo-fasciste. Ca doit pas être facile tous les jours ! »

Eh ben, loupé ! Au lieu de ça, la Caf venait s'assurer que la déclaration de Monsieur était la bonne. Monsieur s'était déclaré célibataire, était-ce bien vrai ? Tout le monde sait que les pauvres sont des profiteurs, contrairement à Sarko-nouille ou à Cahuzac-rappe-tout and co, hein ?

Donc la madame de la Caf, entre chez Monsieur, sans y être invitée mais en étant vivement recommandée. Si la Caf ne peut pas rentrer, c'est la coupure des vivres, direct. Allez, hop, un pauvre qui n'ouvre pas, ça veut dire qu'il couche le salaud ! Je vais vous expliquer, très simple.

Le pauvre qui est au Rsa, il ne doit pas coucher car il est alors concubin. Et là c'est très grave pour lui !

Donc Monsieur explique qu'il est séparé de son ex-amie mais qu'il vivent pour l'instant sous le même toit car il n'ont pas d'autre solution. Il a 430 € de Rsa comme la madame de la caf le sait et il peut difficilement se loger. C'est là que la dame de la caf a trouvé une loucherie voire une fraude à la Prestation Sociale ! Un pauvre c'est forcément menteur et fraudeur…

C'est alors que l'Enquête a commencé. La Colombo de la Caf demande à visiter l'appart du terroriste et constate qu'il n'y a qu'un lit ! Ouh, on tient le roublard !

La collabo : « Vous dites ne pas être en concubinage, or il n'y a qu'un lit ». Là le pauvre a du démontrer qu'il y avait un canapé…La collabo perplexe, lui demande d'ouvrir les placards de la cuisine pour voir s'il y a bien deux marques de pâtes différentes. En effet des colocataires ne mangent pas la même marque de pâtes, des concubins : si !

Alors là j'avoue que j'ai été éblouie par les capacités de déduction des petits fonctionnaires rampants. Le théorème de la notion du concubinage chez le pauvre atteint de RSA, impressionnant !

Du coup, ça a éveillé chez moi quelques questions que je vais de ce pas, poser à l'administration de la solidarité. Un pauvre qui ne vit pas seul mais qui ne concubine pas, qu'a t-il le droit de faire ?

Dormir sur le canapé semble-t-il n'est pas approprié car suspect ? Le pauvre peut se lever dans la nuit et coucher avec le colocataire. Pas bon ! Surtout s'il ne mange pas de pâtes (ben vi du coup ya qu'un paquet !)

Et s'il n'y a pas de canapé ? Le pauvre peut-il coucher sur le tapis ? Pas sûr que ce soit bon, on se rapproche du cas n°1 (le pauvre est vicieux donc il se lève pour coucher)

Conclusion, le pauvre ne doit pas coucher (avec la colocataire). Mais peut-il dormir dans le lit même accompagné s'il ne couche pas ? Réponse de la Caf : s'il dort dans le lit, il couche forcément donc il est concubin ! Aïe !

Et si le pauvre vit avec un pauvre du même sexe ? Ah ! Là c'est plus compliqué, hein ? Et bien non ! là il peut coucher ou dormir, dans le lit ou sur le tapis, voire dans la baignoire, ya plus de soucis….La caf suspecte deux personnes d'être en concubinage uniquement lorsqu'elles sont de sexes différents. La grande loi paternaliste de RSA ne reconnaît même pas la diversité de goûts ! Arriérée !

Et si on est trois dans un appart ? On doit dire avec qui on couche et où on dort ? Et quand on couche à trois, ya une case spéciale avec cumul des revenus des trois ? Même si c'est deux fois dans le mois ?

Putain, je m'en sors avec mal de tête de ce truc ! Quel bordel ! Résultat je sais toujours pas si le pauvre peut coucher ou pas en toute sérénité

Récit d'une militante engagée. Sandra Aimard

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Publié par Droit Au Logement - Bordeaux - dans Infos Locales Divers Faits
11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 10:44
Générateurs de réconfort

Le 9 février 2015

Un couple de retraités met à la disposition des migrants un groupe électrogène quelques heures chaque jour pour qu'ils rechargent leur téléphone.

Elle, c’est Nana, lui, Dom-Dom. Pas Tom-Tom et Nana, mais pas loin… La ressemblance entre le couple calaisien et les deux héros de la bande dessinée est assez troublante. En dépit de leur âge mûr, les sexagénaires en chair et en os ne sont ni moins audacieux, ni moins généreux ou ingénieux que les petits héros de papier.

Comme les stars de la BD enfantine ont accompagné des générations de lecteurs, leurs aînés du monde réel, eux, aident des générations de migrants, l’esprit frondeur, le cœur sur la main et plus d’une idée derrière la tête. « On vit dans le centre de Calais, on ne peut tout de même pas fermer les yeux devant la misère dans laquelle pataugent les 2 500 migrants qui attendent de passer en Grande-Bretagne », résume Nana.

Alors, les deux jeunes retraités livrent chaque après-midi une bonne dose de réconfort à ces naufragés en attente d’une brèche pour franchir la frontière britannique. Ils sont conscients que d’autres avant eux ont connu la garde à vue pour avoir rechargé les téléphones des sans-papiers, c’est pourquoi ils n’ont pas souhaité communiquer leur nom. Mais il en faudrait plus pour casser leur élan. Comme celui de bien d’autres citoyens calaisiens. « On aide des hommes en situation de fragilité, de besoin », ajoute Dom-Dom. Avec eux, les migrants deviennent un prénom, une histoire, un rêve incarné.

L'artiste et L'informaticien bricolo

Nana, c’est Nadine. Une artiste diplômée de l’école Duperré, qui manie l’aquarelle, est calligraphe à ses heures et a réalisé des travaux sur la dentelle de Calais, exposés ici et là. Dom-Dom, c’est Dominique, son époux, un informaticien bricolo, capable de résoudre les problèmes techniques les plus compliqués.

Sur les campements de fortune, Nana apporte son sourire et ses crayons. Elle sait écouter pendant des heures ces naufragés de la vie, a le mot qui convient, le geste chaleureux ; le tact aussi. Dom-Dom, lui, c’est « l’homme au générateur ». Celui grâce auquel la musique a investi les camps. Et les téléphones portables sont désormais rechargés sur place par centaines.

Depuis peu, Dom-Dom est aussi « monsieur Wi-Fi ». Avec un routeur, il reconnecte les camps au monde, quelques heures chaque jour.

Vers 13 heures, Dom-Dom et Nana garent leur voiture devant Tioxide, la « jungle » (selon le nom que les migrants donnent eux-mêmes à leur camp) qui regroupe près de 800 Erythréens, Ethiopiens, Soudanais ou Pakistanais.

Aidé par quelques volontaires, Dominique installe son générateur sur une plateforme bétonnée, pose ses enceintes et « c’est parti pour un après-midi de musique », comme relève Ahmed, un Erythréen inconditionnel de ce couple qu’il appelle « Mam et Dad ».

« Ecouter leur musique, celle qu’ils ont sur leur téléphone, leur permet de se retrouver un peu, d’oublier l’environnement », assure Nana. D’autant que tous sont bloqués autour des prises électriques à attendre que la batterie de leur téléphone soit rechargée.

De vraies enceintes

Même si certains sont en piteux état avec leurs coques cabossées, écornées et scotchées, ces objets sont infiniment précieux, trop pour les perdre de vue, ne serait-ce qu’un instant. C’est souvent tout ce qu’ils ont conservé de leur vie d’avant. « Il est essentiel qu’ils puissent maintenir le lien, donc qu’ils rechargent », résume Nana. « Dans des camps sans eau ni électricité, le générateur était la seule solution », avance, pragmatique, Dom-Dom, en installant son second générateur au bois Dubrulle, un camp à dominante afghane, à quelques centaines de mètres de Tioxide.

Au début, quand l’idée de la musique lui est venue, Dominique a apporté ses enceintes personnelles un après-midi. Mais ça n’a pas suffi à emplir l’espace. Alors il a filé acheter un groupe électrogène. Puis un deuxième pour le camp d’en face. Et de vraies enceintes pour que la musique investisse les lieux. Dom-Dom avait puisé dans les fonds du ménage « parce qu’il y avait urgence ».

En parallèle, il a lancé en décembre sur Ulule, site européen de financement participatif, une souscription pour ses « générateurs voyageurs ». Et ça a marché. « On tablait sur 1 000 euros, on a eu trois fois plus. De quoi mettre de l’essence dans le générateur, installer la Wi-Fi et acheter des abris pour protéger de la pluie, parce qu’on a encore plus besoin de musique les jours gris », plaide-t-il, heureux de cette générosité.

Depuis, Dominique et Nadine sont tous les jours à pied d’œuvre. Dimanche compris. Et, sous la bâche d’une école de fortune, au cœur du camp Tioxide, Nana met à disposition ses crayons, ses feuilles et ses conseils d’artiste, « ils ont tellement à raconter ». Elle a aussi fait des portraits des migrants et les exposera sûrement un jour.

Dom-Dom et Nana n’ont pas spécialement un passé de bons samaritains. Fort de ses études de mathématiques, lui a travaillé comme consultant avant d’être employé par Eurotunnel. Leurs enfants devenus adultes, ils vivaient une retraite paisible quand les migrants se sont invités dans leur vie. « On ne les a pas croisés par hasard », ajoute Nana, pensive. Tous deux sont croyants. En Dieu, mais surtout en l’homme.

Source :
http://www.lemonde.fr/m-actu/article/2015/02/04/dans-la-jungle-calaisienne-des-generateurs-de-reconfort_4569369_4497186.html

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Publié par Droit Au Logement - Bordeaux - dans Divers Faits